lundi 6 juillet 2009

Jeux de pouvoir

Jeux de pouvoir se place d’emblé dans la grande tradition des films politiques des années 70 et 80.
En décrivant l’enquête menée par un journaliste sur une série de meurtres qui le conduiront dans l’entourage de son ami politicien, le film nous invite dans les arcanes de la presse américaine et les coulisses du pouvoir. Les relations troubles des politiques et de l’industrie de l’armement servent de canevas à une histoire certes classique mais bien tenue et parfaitement interprétée.
Si l’on peut déplorer un dénouement à rallonge qui aurait gagné à être raccourci, il faut reconnaitre que l’on s’embarque avec plaisir aux cotés d’une galerie de personnages aux motivations et à la morale ambigües.
Mais l’originalité du film réside aussi dans la dualité et l’affrontement entre les journalistes respectivement interprétés par Russel Crowe et Rachel McAdams.
Le premier est un homme d’investigation chevronné de la vieille école, l’un des piliers du journal qui enquête sur le terrain. L’autre est une jeune journaliste qui s’occupe de l’un des blogs du journal. Elle diffuse de l’information presque en temps réel et privilégie la primeur à l’investigation, le scoop plutôt que l’information vérifiée et recroisée.
Au-delà de la rivalité qui se mue en complicité, thème archi rabattu du cinéma, c’est bien de deux conceptions du journalisme dont il est question. D’un coté la presse papier et ses articles de fond, de l’autre la presse web et son immédiateté. Le générique final qui nous fait suivre la fabrication d’un journal avec ses presses rotatives et son encrage sonne comme un hommage à un média que certains considèrent comme vieillissant, pour ne pas dire sur le déclin.
Souhaitons naïvement que, à l’image des deux journalistes du film, les deux médias se complètent au service d’une information impartiale et juste.

Coraline

Injustement passé à coté du succès de l’Etrange Noël de Monsieur Jack dont le public n’a retenu que le nom de Tim Burton, Henri Selick signe avec Coraline un conte sombre et intelligent doublé d’un film d’animation parfaitement réussi.
A la manière d’Alice traversant le miroir, Coraline qui s’ennuie dans sa nouvelle maison en compagnie de ses parents trop occupés et de voisins bizarres, découvre une porte secrète qui va la mener dans un monde parallèle. Un monde étrange où elle retrouve ses parents tels qu’elle les rêve, attentifs, joyeux, réalisant ses moindres désirs. Tout semble parfait à une exception prés, tous les personnages qu’elle rencontre ont des boutons cousus à la place des yeux. Et pour cause, ce monde est régit par une terrifiante sorcière qui va tenter de la retenir prisonnière.
Que ce soit dans les thèmes abordés (le passage à l’âge adulte, la notion de responsabilité), la galerie de personnages tous plus invraisemblables les uns que les autres, ou l’animation parfaite et les décors tour à tour féériques et cauchemardesques, Coraline place Henri Selick comme l’un des grands personnages de l’animation contemporaine.
Comme dans l’Etrange Noël de Monsieur Jack, le réalisateur n’a pas son pareil pour passer du rêve au cauchemar et imposer des scènes qui resteront gravées dans les mémoires.
Coraline est un personnage attachant dotée d’une vraie personnalité. Elle croise une galerie incroyable de figures tragi comiques dont chacune possède sa propre personnalité immédiatement reconnaissable en quelques plans, ce qui est la marque des grands réalisateurs. Henri Selick et son équipe s’adressent aussi bien aux (grands) enfants qu’aux adultes et composent un monde totalement délirant tout en étant d’une parfaite cohérence.
Le passage à la 3D se justifie pleinement, notamment lorsque Coraline s’échappe dans son monde parallèle et que le délire commence. Les fleurs entament un ballet endiablé tandis que deux vieilles actrices se métamorphosent en jeunes acrobates et composent un ballet impressionnant. Henri Selick a l’intelligence de se servir de la 3D comme d’un outil au service de son film plutôt que comme d’un élément marketing de plus.
Seul bémol, les lunettes confèrent à l’ensemble une teinte sombre et obscurcissent les images.

samedi 20 juin 2009

Terminator Renaissance

La poursuite de la saga Terminator avait de quoi laisser dubitatif après un second opus contestable bien que formellement réussi, et une troisième partie ne comportant que peu de choses à sauver. La reprise en main de la série par le réalisateur McG n’était pas des plus rassurantes non plus, sauf pour les inconditionnels de sa version clip MTV de Charlie’s Angels.
Et pourtant, Terminator Renaissance se révèle être un digne successeur du Terminator de James Cameron sortie en 1985, doublé d’un redoutable film d’action.
Oubliant ses tendances maniérées, ses ralentis esthétiques et le découpage syncopé de ses derniers films, McG redonne à la série ses lettres de noblesse en nous projetant directement en 2018. Le Jugement Dernier a eu lieu, la guerre entre les hommes et les machines bat son plein. La Terre est dévastée, presque entièrement aux mains des machines de Skynet. Les groupes de survivants se terrent et mènent des actions commandos désespérées. La résistance, galvanisée par John Connors est exsangue. L’apparition de Marcus, un hybride entre l’homme et la machine va bouleverser le cours des choses et les destins de chacun.
La grande force de McG est d’avoir opté pour un look résolument post apocalyptique, une image sombre, des décors boueux qui nous immergent dans ce futur cauchemardesque que les précédents épisodes ne nous avaient fait qu’entrevoir. Le réalisateur a eu l’intelligence de s’entourer d’interprètes solides qui forment une distribution de rêve (Christian Bale, Bryce Dallas Howard, Helena Bonham Carter, Michael Ironside), ainsi que d’inconnus qui, comme Sam Worthington, apporte charisme et crédibilité à leurs personnages. Enfin, la réalisation dynamique, la multitude des machines et la débauche d’effets pyrotechniques associées au score toujours efficace de Danny Elfman font de Terminator Renaissance un spectacle de tous les instants qui ne nous laisse que peu de répit.
Sans s’affranchir totalement des épisodes précédents (les références abondent, de la musique des Guns au « je reviendrai » en passant par une apparition surprise du Terminator original), Terminator Renaissance arrive pourtant à imposer une véritable personnalité, redonnant un souffle nouveau à une franchise riche en possibilités mais jusque là sur le déclin. Si l’on passe les pirouettes scénaristiques et les problèmes engendrés par les voyages temporels (comment John Connors peut il rencontrer son père qui ne l’a pas encore engendré ???), l’introduction du personnage de Marcus donne au film une profondeur jusque là inhabituelle dans la série. Marcus est en effet un homme qui a été exécuté et que l’on a fait revivre sous forme d’une machine, sans toutefois lui ôter toute son humanité, symbolisée par son cœur. La confrontation entre John Connors et Marcus, le sacrifice de ce dernier donnent lieu à des scènes réussies et posent des questions sur la véritable nature de l’homme et ce qui lui donne son humanité.
Une fin largement ouverte nous donne lieu de croire que les studios ne s’arrêteront pas là et qu’un prochain opus est d’ors et déjà en préparation. S’il est du même cru que celui là, c’est plutôt une bonne nouvelle.

dimanche 7 juin 2009

Antichrist

Lars von Trier est un réalisateur bourré de talent, c’est un fait indiscutable. La claque reçue avec Breaking the Wawes en 1996, film magistral porté par la fabuleuse Emily Watson en est la preuve. Il est aussi un redoutable manipulateur comme il en a fait la démonstration avec Dancing in the dark, une mécanique parfaitement huilée faite pour nous arracher des larmes, trop efficace pour être honnête.
Avec Antichrist, le réalisateur suédois controversé pousse le bouchon encore plus loin et provoque le scandale sur la Croisette.

Le film débute par une scène tournée dans un noir et blanc élégant. Un couple fait l’amour. Gros plan sur le sexe de l’homme, gouttes d’eau qui tombent au ralenti sur les corps dénudés. Pendant ce temps, leur petit garçon s’échappe de sa chambre, saute par une fenêtre ouverte et s’écrase sur le sol quelques mètres plus bas. Le parallèle entre l’acte sexuel et la mort, le plaisir et le péché par négligence est asséné à coup de marteau. Le tout est filmé comme une publicité pour un parfum de luxe sur fond de musique classique. Le décor est planté, Lars von Trier marque son territoire et nous emmène dans un univers codifié dont lui seul connait et impose les règles.
Nous suivons alors la descente aux enfers de ce couple meurtri. La femme, interprétée par Charlotte Gainsbourg, a abandonné une thèse sur les sorcières quelques mois auparavant. Elle passe par des phases de désespoir, de culpabilité et d’agressivité envers son mari. Lui, joué par Willem Dafoe, est un psychanalyste qui fait tout pour empêcher sa femme de sombrer et qui oppose un pragmatisme scientifique à ses égarements de plus en plus étranges. Pour exorciser ses peurs, il emmène sa femme à Eden, dans un chalet isolé au cœur d'une forêt où ils ont l’habitude de se retrouver. C’est alors que tout bascule.
La nature, qui leur envoie des signes de plus en plus inquiétants. La santé mentale de la femme qui s’identifie de plus en plus aux sorcières qu’elle étudiait. Les convictions de son mari ébranlées devant l’attitude de sa compagne. Le film enfin, qui entraine le spectateur vers les frontières du fantastique.
A moins que ce ne soit qu’une réalité déformée par la folie qui guette les deux protagonistes ?
Au fur et à mesure que progresse l’histoire, une tension sourde et latente s’installe. L’atmosphère devient lourde, menaçante pour finalement laisser place à une folie meurtrière qui conduit aux pires sévices. Le mal apparait sous la forme des trois mendiants, respectivement symbolisés par une biche qui met bas (la douleur), un renard qui se dévore le ventre (le désespoir) et un corbeau enterré dans un terrier (le deuil). Possédée par le diable, rongée par la culpabilité ou égarée par la folie, la femme torture son mari avant de se mutiler elle même. Les deux amants sans nom s’affrontent comme des êtres revenus à l’état sauvage et la folie triomphe de la raison lorsque le mari étrangle sa femme dans un élan meurtrier.

Antichrist est de bout en bout un film maitrisé, impeccablement filmé et interprété. Le réalisateur ne laisse rien au hasard et chaque plan est soigneusement pensé. Certaines scènes renvoient d’ailleurs directement à des peintures de Jérôme Bosch. Il faut cependant reconnaitre que le film frôle parfois le ridicule. Par exemple, lorsque le renard se met à parler et à annoncer le règne du chaos, les éclats de rire ne sont pas loin.
Mais ce qui dérange le plus dans le cinéma de Lars von trier, et ce qui est exacerbé dans Antichrist, est cette pesante morale judéo chrétienne qui tend à charger la femme de tous les péchés (elle est manipulatrice, perverse et pervertit l’homme) et qui condamne dans la douleur l’acte sexuel. La plupart des sévices infligés dans le film sont d’ordre sexuel. La femme se tranche le clitoris, symbole du plaisir (coupable ?), elle frappe son mari dans les organes génitaux et lui fait éjaculer du sang. De plus, Lars von Trier semble prendre un malin plaisir à toujours représenter la femme dans des rôles sacrificiels depuis Breaking the Wawes. Mais si dans ce dernier film c’était pour sauver l’homme qu’elle aimait, dans Antichrist le sacrifice prend une toute autre dimension et ressemble plutôt à un exorcisme, à une éradication du mal. La femme (jamais nommée) agresse, physiquement et sexuellement, l'homme (symbolique aussi car sans nom) dans un lieu nommé Eden et ce dernier ne peut s'en délivrer qu'en la tuant. Le message est on ne peut plus explicite.

On ressort donc de la projection dérangé, ce qui est le but recherché, ne sachant trop que penser. On est partagé entre l’indéniable talent d’un auteur opaque et manipulateur, la désagréable sensation d’avoir participé à un spectacle misogyne digne des intégrismes les plus durs, ou à une plongée dans la folie dont on ne ressort pas indemne.

samedi 30 mai 2009

Jusqu'en enfer

Jusqu’en enfer marque le grand retour de Sam Raimi au film d’horreur, genre qui l’a révélé avec Evil Dead, tourné en 1979 pour un budget de 350 000 dollars.
Alors inconnu et méprisé par ceux qui encensent aujourd’hui Spiderman (le même phénomène s’est produit avec Peter Jackson), seul une poignée de fans ont reconnu en lui le grand réalisateur qu’il serait amené à devenir. Sam Raimi était alors un gamin débordant d’énergie communicative et d’inventivité, défonçant les portes d’une vieille cabane perdue au fond des bois avec sa mobylette sur laquelle était fixée sa caméra.
Le gamin a grandi, il est devenu brillant. Et il dispose de beaucoup plus de moyens.
On pouvait attendre le meilleur de Drag me to hell, la rage des débuts mêlée à une maturité et une maitrise qui ne sont plus à prouver. Hélas, le sale gosse des débuts est devenu un enfant gâté disposant de trop de jouets.
Non pas que Drag me to hell soit raté, loin s’en faut. Les ressorts employés par le réalisateur pour susciter la peur par l’image ou la bande son fonctionnent toujours. Mais force est de reconnaitre que l’on s’attendait à autre chose.
Le scénario d’abord, mince et linéaire, ne réserve que peu de surprises. Les effets numériques ensuite, viennent gâcher le moindre effet spécial par leur coté trop lisse et artificiel. Alors que le sang giclait et que les têtes éclataient grâce aux effets mécaniques dans Evil Dead, des effets créés par ordinateur et ajoutés en post production ne parviennent pas à être convaincants une seule seconde.
Drag me to hell est trop propre, trop correct pour les fans de la première heure. Lorsque la sorcière morte tombe sur Christine et vomit sur elle des litres de liquide verdâtre, l’héroïne se relève impeccable sans la moindre trace de salissure. Si l’attente suscitée par ce retour tant espéré du maitre à ses premières amours se trouve déçue, le film n’en est pas pour autant mauvais. Alison Lohman, présente dans presque tous les plans, se révèle être un excellent choix, à la fois douce, fragile et déterminée à s’en sortir. Drag me to hell comporte de nombreuses scènes jubilatoires, comme l’attaque de Christine par la sorcière dans le parking ou le repas chez les beaux parents.
Sam Raimi n’a pas tout a fait réussi à retrouver ce jeune réalisateur frondeur qu’il était. Le film s’en ressent. Par contre, il conserve cette passion pour le genre et cette virtuosité que même des millions de dollars ne parviennent pas à masquer.

mercredi 27 mai 2009

Vengeance

Retrouver Johnny Halliday dans un film de Johnnie To est aussi surprenant que de voir Eddy Mitchell tourner pour Scorcese. Et pourtant, notre chanteur acteur colle parfaitement à ce rôle écrit à l’origine pour Alain Delon en hommage aux polars de Jean Pierre Melville qui passionnent les cinéastes asiatiques, John Woo en tête.
Johnny Halliday incarne un ancien tueur perdu à Hong Kong sur les traces de ceux qui ont massacré la famille de sa fille. A l’image de son personnage, il traverse le film avec un air halluciné, aussi à l’aise dans cette ville dont il ignore tout qu’un poisson en plein milieu du désert. De ce fait, on peut dire que l’acteur colle parfaitement à son personnage.
Et ce n’est pas la seule particularité qui fait de Vengeance un film étrange, décalé et en tout cas intéressant.
Johnnie To choisit de mettre en scène un tueur vieillissant qui perd peu à peu la mémoire. Il en profite pour se questionner sur la notion de vengeance, thème récurrent des polars de toutes nationalités. Que signifie le fait de vouloir se venger quand on a oublié ceux qui vous ont fait du mal et jusqu’aux blessures qu’ils vous ont infligées ?
Pour être sur d’aller au bout de la promesse qu’il a faite à sa fille mourante, Francis Costello achète les services d’un trio de tueurs haut en couleurs dont le chef est interprété par l’excellent Anthony Wong Chau-Sang, déjà croisé dans Exilé du même Johnnie To, Infernal Affairs de Andrew Lau ou Time and Tide de Tsui Hark. Lorsque ceux-ci découvriront qui a commandité le meurtre de la famille du français, l’affaire prendra une ampleur qu’ils ne soupçonnaient pas et les conduira vers une fin forcement tragique.
Vengeance est donc un film plus complexe qu’il ne le parait au premier abord. Alternant des scènes de fusillades et des moments plus intimistes, voire franchement touchants, le film réserve de belles surprises. Comme cette scène de combat étonnante où le trio de tueurs voit rouler vers eux des cubes d’ordures compressés pousser par des dizaines d’assaillants. Ou la reconstitution du massacre dans la maison qui alterne les scènes de meurtre passées et ce qu’en imaginent les trois tueurs. Ou bien encore cette étrange et fraternelle amitié qui se lie entre ces tueurs à gages et un vieil homme qui veut se venger avant d’oublier ce pour quoi il est ici.
Il faut toute la maitrise et la foi d’un cinéaste comme Johnnie To pour ne pas faire basculer le film dans le ridicule. La frontière est mince et l’anachronisme d’un Johnny Halliday fatigué, décalé et finalement touchant parmi les gangsters chinois aurait facilement pu prêter à rire. Il n’en est rien, Vengeance est un film efficace, une réflexion intéressante et au final un pari risqué mais gagné.

vendredi 15 mai 2009

Mutants

Alors que le cinéma de genre français tente vaille que vaille d’exister dans un paysage cinématographique national tout de même assez homogénéisé, il faut se rendre au Grand Rex à Paris pour avoir la chance de voir Mutants quand on habite en province. Un nombre de copies, et donc de salles restreints, une prise de risque minimum pour les distributeurs, peu de visibilité et un film presque condamné d’avance. Le constat n’est malheureusement pas nouveau et un film qui n’est pas calibré pour une diffusion sur une chaine de télévision publique à 20H30 a de moins en moins de chance d’exister. Passons.
Mutants est donc un film d’horreur français sous influences. Celle qui vient la première à l’esprit est bien entendu 28 Jours plus tard et ses infectés agressifs qui courent dans tous les sens. Comment ne pas penser aussi à La Mouche de Cronenberg en suivant la lente dégénérescence de Marco devant les yeux de sa compagne ? Les paysages enneigés et les entrepôts désaffectés nous rappellent vaguement The Thing, tandis qu’Hélène de Fougerolles armée jusqu’aux dents a de petits airs de Ripley. Bref, Mutants est riche d’une imagerie qui nous est immédiatement familière et nous fait entrer facilement dans le vif du sujet.
Le premier quart d’heure du film est d’ailleurs assez effrayante. Non pas par le climat de terreur qu’il distille, mais par des tics de cadrage bien pénibles (plan bancal sur le gyrophare de l’ambulance qui roule), une interprétation hallucinante qui nous renvoie aux pires téléfilms de TF1, avec une mention spéciale à la femme soldat noire du début qui en fait des tonnes et qui ressemble à un militaire d’élite comme moi à un lutteur de sumo. Une bande son décalée par rapport à l’image donne une impression ridicule de doublage catastrophique.
Heureusement, ces premières minutes passées, on rentre dans le vif de l’histoire et l’on suit Marco et Sonia dans leur quête de salut représenté par une base militaire au sein d’un monde désastré, déserté et hanté par humains contaminés devenus des zombies cannibales. Marco s’est fait mordre par l’un d’entre eux et la contamination progresse inéluctablement. Sonia tente de le soigner, de le réconforter et observe impuissante la déchéance physique et psychologique de l’homme qu’elle aime.
Mutants n’est certes pas un chef d’œuvre du genre. Les scènes d’affrontement sont encore une fois difficiles à suivre car souvent mal éclairées ou mal cadrées. Les références qui portent le film sont trop prégnantes pour lui conférer une identité propre. Le film n’a pas l’agressivité d’un 28 Jours plus tard, la tension de The Thing ou l’ampleur d’un Zombie. Pourtant, par le choix de couleurs froides à dominantes de bleu qui entourent le film d’une aura glacée, par le soin porté aux maquillages et par la dimension dramatique que revêt la déchéance de cet homme qui régresse au point d’agresser sa femme, Mutants parvient à se différencier des films d’horreur français qui sont réalisés ces dernières années. Plus de tueur en série, de dédoublement de personnalité ou d’introspection tirée par les cheveux, mais un vrai film de genre nerveux, honnête et efficace. C’est déjà beaucoup.