Vendu de prime abord comme un film d’anticipation
post apocalyptique, la dernière œuvre de Ridley Scott, 88 ans au compteur et plus
que jamais le pied au plancher, ne se résume pourtant pas à ses scènes d’action,
loin s’en faut.
C’est avant tout son parti prix contemplatif qui retient l’attention,
le choix de larges plans aériens pour embrasser une nature enfin livrée à elle-même
et l’interprétation fantomatique d’un Jacob Elordi presque transparent dans le
rôle d’un passeur entre deux mondes qui n’arrive pas à échapper à son passé.
Si
le scénario n’évite pas quelques poncifs, les vieux (Josh Brolin, Guy Pearce)
grincheux, méfiants, repliés sur eux même et ancrés dans le monde d’avant s’opposant
de façon assez évidente à la génération suivante (Jacob Elordi, Margaret
Qualley) plus ouverte aux autres et désireuse de découvrir le monde ou du moins
ce qu’il en reste, le réalisateur britannique souffle constamment le chaud et
le froid en alternant des scènes d’une noirceur sidérante (la réalité glaçante
derrière l’utopie de Grand Junction) et des séquences bucoliques d’une communauté
amish ou assimilée flirtant avec une naïveté non feinte.
Entre les deux nous
voyageons en compagnie de Hig et de son chien parmi les ruines d’un monde
abandonné peuplé de hordes de survivants donnant lieu à des scènes d’assaut d’autant
plus marquantes qu’elles sont utilisées avec parcimonie.
Tour à tour
nostalgique, utopique, glaçant voir carrément horrifique, The Dog Stars s’inscrit
parmi les œuvres qui font dates pour parler du monde d’après (La route ou Le
livre d’Eli pour ne citer qu’eux), bien aidé par une distribution trois étoiles,
même si l’on peut déplorer le manque d’épaisseur du personnage de Cima interprété
par Margaret Qualley.
Comme Georges Miller en son temps avec Mad Max 2, Ridley
Scott ne peut se résoudre à faire triompher une barbarie pourtant bien réelle.
Il restera toujours une pulsion de vie, un espoir au milieu des ruines et des cadavres,
celui de construire une société nouvelle et d’aimer de nouveau sans oublier ni
renier son passé.

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