samedi 18 juillet 2026

Kill Bill: The Whole Bloody Affair

On a tellement décrypté, critiqué, vu et revu le dytique fondateur de Quentin Tarantino que l’on est en droit de se demander ce que va apporter, outre le plaisir de redécouvrir sur grand écran l’un des plus grands pieds cinématographiques de ces vingt dernières années, l’agrégation des deux épisodes sortis respectivement en 2003 et 2004. 
A tort car ce Whole Bloody Affair va bien au-delà d’un simple assemblage. 
Nouveau montage voulu par le réalisateur réservant le twist final à la fin du second épisode (alors qu’il intervenait après le premier opus dans la version de 2003), scènes additionnelles (notamment l’épisode animé relatant les origines d’O-ren Ishii), l’énumération des différences, parfois infimes, entre les deux versions, serait rébarbative et un peu vaine, d’autant que The Whole Bloody Affair se redécouvre pour ce qu’il est, un cri d’amour au cinéma de genre puisant son inspiration dans le western, le chanbara, l’horreur italienne, le film de sabre, de kung-fu, la liste serait là aussi trop longue pour être exhaustive. 
Modèle de mise en scène, de montage et de construction narrative, Kill Bill nous jette à la figure une idée à la seconde et autant de plans cultes, alternant séquences d’action hallucinantes et tunnels de dialogues souvent savoureux portés par un casting irréprochable. Avec ce montage remanié, Quentin Tarantino propose une autre vision de la Mariée qui passe imperceptiblement d’une furie vengeresse à une mère en devenir en quête, sinon de rédemption, au moins d’une autre vie. 
Le seul ajout véritablement artificiel et un poil opportuniste serait surement la séquence post générique développée par Epic Games mettant en scène sous forme de séquence animée façon jeu vidéo la vengeance de Yuki, la sœur de la défunte Gogo Yubari. En total dissonance avec l’ADN Grindhouse du film, cette scène fait davantage figure d’un spot publicitaire pour Fortnite que d’une pierre supplémentaire à l’édifice Kill Bill. 
Ceci étant, force est de constater que vingt ans plus tard la puissance narrative et visuelle de Quentin Tarantino reste toujours intacte, de même que son fantasme pour les pieds d’Uma Thurman.

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