dimanche 19 avril 2026

Plus fort que moi

Quoi de mieux, d’un point de vue purement scénaristique, qu’une maladie dont l’une des manifestations, même si elle ne concerne qu’une infime partie des malades atteints du syndrome de Gilles de la Tourette, consiste à lâcher aux moments les moins opportuns les pires injures sans aucun filtre moral ? 
Et qui de plus doués que les Britanniques pour mettre en image un drame social teinté d’humour absurde oscillant constamment entre rires et larmes ? 
La rencontre entre le réalisateur Kirk Jones et l’histoire authentique de John Davidson qui, dans les années 1980, grandit avec une maladie socialement handicapante que personne ne connait encore et qui va au fil des années devenir le porte-parole des malades auprès des autorités de toutes sortes engendre ce que les comédies dramatiques anglaises font le mieux, un drame ancré dans une réalité sociale et une époque, traversé d’éclats de rires, de situations gênantes et d’une douleur d’autant plus profonde qu’elle reste incomprise pendant des dizaines d’années. 
Porté par un formidable Robert Aramayo entouré d’une floppée de solides interprètes, Plus fort que moi, s’il ne fait que survoler les ressorts d’une maladie complexe pour en exploiter les syndromes les plus spectaculaires, n’en reste pas moins un film salvateur, constamment sous tension dans l’attente d’une explosion verbale ou physique tantôt comique tantôt dramatique, qui nous promène d’une émotion à l’autre tout au long de cette vie hors normes d’un homme sommes toute ordinaire.

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