Alors que le premier opus de la
trilogie 28 ans plus tard réalisé par Danny Boyle prenait les deux précédents films
à contre-pied avec l’introduction du mystérieux docteur Kelson et un final nous
renvoyant tout droit aux grandes heures du cinéma post apo italien des années
quatre-vingt, ce Temple des Morts dirigé par la nouvelle venue Nia DaCosta
enfonce encore le clou, se démarquant de plus en plus des films d’infectés
énervés et de survivants aux abois.
Des survivants il en est pourtant question,
et si les rencontres inopinées avec les infectés se soldent en général par des
drames sanglants, la menace la plus glaçante vient pourtant des humains eux
même, pour peu qu’il subsiste une trace d’humanité dans ces groupes d’illuminés
au comportement sadique et à la doctrine pour le moins obscure. Il faut alors
se tourner vers les infectés eux même, voire le plus dangereux d’entre eux, l’Alpha
Samson, pour redécouvrir cette humanité perdue et transformer le sauvage en
être de raison.
Alors que le marqueur d’une violence sadique que ne renierait
pas Alex et sa bande dans Orange Mécanique est poussé à son paroxysme, le Temple
des Morts se différencie pourtant de ses prédécesseurs par un rythme beaucoup plus
posé et des infectés relégués au second plan.
Soucieux de creuser le mythe de
la saga, le scénariste Alex Garland équilibre son histoire entre la destinée du
docteur Kelson interprété par un Ralph Fiennes totalement habité par son rôle et
la quête sanglante du faux prédicateur Jimmy Crystal.
Leur rencontre donnera lieu
à un final halluciné, entre spectacle pyrotechnique furieusement rock et réflexion
métaphysique sur la quête d’humanité, pour s’achever sur une fin ouverte qui
donne au film les atours d’un épisode de série, avec ses inévitables trous scénaristiques
(le personnage de Cathy, la femme enceinte survivante du massacre disparait
corps et bien jusqu’à la fin du film).
Patchwork bigarré au croisement de
différents genres, mashup improbable entre horreur pure, humour décalé,
post-apo et quête d’une humanité perdue, Le Temple des Morts frise le trop
plein sans jamais trébucher ce qui tient du miracle.

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