samedi 17 janvier 2026

28 ans plus tard – Le Temple des Morts

Alors que le premier opus de la trilogie 28 ans plus tard réalisé par Danny Boyle prenait les deux précédents films à contre-pied avec l’introduction du mystérieux docteur Kelson et un final nous renvoyant tout droit aux grandes heures du cinéma post apo italien des années quatre-vingt, ce Temple des Morts dirigé par la nouvelle venue Nia DaCosta enfonce encore le clou, se démarquant de plus en plus des films d’infectés énervés et de survivants aux abois. 
Des survivants il en est pourtant question, et si les rencontres inopinées avec les infectés se soldent en général par des drames sanglants, la menace la plus glaçante vient pourtant des humains eux même, pour peu qu’il subsiste une trace d’humanité dans ces groupes d’illuminés au comportement sadique et à la doctrine pour le moins obscure. Il faut alors se tourner vers les infectés eux même, voire le plus dangereux d’entre eux, l’Alpha Samson, pour redécouvrir cette humanité perdue et transformer le sauvage en être de raison. 
Alors que le marqueur d’une violence sadique que ne renierait pas Alex et sa bande dans Orange Mécanique est poussé à son paroxysme, le Temple des Morts se différencie pourtant de ses prédécesseurs par un rythme beaucoup plus posé et des infectés relégués au second plan. 
Soucieux de creuser le mythe de la saga, le scénariste Alex Garland équilibre son histoire entre la destinée du docteur Kelson interprété par un Ralph Fiennes totalement habité par son rôle et la quête sanglante du faux prédicateur Jimmy Crystal. 
Leur rencontre donnera lieu à un final halluciné, entre spectacle pyrotechnique furieusement rock et réflexion métaphysique sur la quête d’humanité, pour s’achever sur une fin ouverte qui donne au film les atours d’un épisode de série, avec ses inévitables trous scénaristiques (le personnage de Cathy, la femme enceinte survivante du massacre disparait corps et bien jusqu’à la fin du film).
Patchwork bigarré au croisement de différents genres, mashup improbable entre horreur pure, humour décalé, post-apo et quête d’une humanité perdue, Le Temple des Morts frise le trop plein sans jamais trébucher ce qui tient du miracle.

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