jeudi 1 janvier 2026

Avatar : de Feu et de Cendres

Troisième opus des aventures de la famille Sully sur la planète Pandora, Avatar : de Feu et de Cendres confirme si besoin était que la saga de James Cameron repose sur un déséquilibre constant entre le fond et la forme. 
Spectacle total qui arrive à surpasser les deux premiers épisodes dans ses moments de bravoure, opéra guerrier qui fait des forêts, du ciel et des fonds marins de Pandora des champs de bataille épiques, ce volet nous laisse pourtant un goût de déjà vu et de répétition tout au long de ses presque trois heures trente durant lesquelles on ne s’ennuie pourtant jamais. 
Si les cow-boys ont laissé place aux complexes militaro-industriels et les Indiens aux Na’vi, l’histoire se répète au gré des multiples rebondissements propres à cette famille recomposée en proie à la vengeance d’un Colonel Miles Quaritch particulièrement vindicatif. 
Certes on prend toujours autant de plaisir à explorer cette planète aussi belle que dangereuse et les tableaux aux multiples inspirations (Miyazaki en tête pour ne citer que lui) se succèdent comme autant de décors à couper le souffle, mais d’enlèvements en libérations, de soulèvements en oppression, on a parfois l’impression d’assister à une succession d’intrigues interchangeables qui, si elles font avancer l’histoire et évoluer les personnages, ont tôt fait de tourner en rond.
Parmi la multitude de rôles interagissant entre eux, Avatar : de Feu et de Cendres évolue également entre deux pôles aussi éloignés que possible l’un de l’autre. 
D’un coté l’introduction de la redoutable Varang insuffle un renouveau salutaire avec un personnage badass et charismatique à souhait, véritable antithèse de Ney’tiri et de sa famille et qui éclipse même le colonel Quaritch à chacune de ses apparitions. 
De l’autre, la figure connue de Spider, fils du même colonel Quaritch adopté par Jake Sully et ses enfants et dont l’arc narratif prendra une importance prépondérante dans cet épisode. Volubile et démonstratif, Spider tranche malgré lui avec l’apparente sagesse des Na’vi et, de par ses maladresses plus ou moins volontaires, il sera la source de la plupart des situations conflictuelles mettant la famille Sully en danger. Personnage agaçant et menace permanente pour les Na’vi, sans pour autant que Jake et Ney’tiri n’aillent au bout de leurs convictions, et malgré un final très inclusif, on peut se demander dans quelle mesure il est pensé pour incarner ce fossé qui demeure entre humais et Na’vi, bien plus que les caricatures de militaires, scientifiques, chasseurs et investisseurs sensés incarner ce que les terriens ont de pire en eux. 
Malgré son enchevêtrement d’intrigues secondaires parfois cousues de fil blanc et répétitives, Avatar : de Feu et de Cendres souligne d’un trait certes un peu grossier le discours écologique et humaniste d’un James Cameron plus investi que jamais dans un spectacle à nul autre pareil. Et la perspective de voir la vénéneuse Varang renaitre de ses cendres devrait nous faire patienter jusqu’au prochain voyage.