samedi 23 mars 2024
Immaculée
jeudi 29 février 2024
Dune Partie 2
samedi 24 février 2024
Sleep
samedi 10 février 2024
Amelia’s Children
samedi 3 février 2024
Iron Claw
Car The Iron Claw, la griffe de fer, c’est à la fois la prise emblématique de cette fratrie sur le ring que la mainmise d’un père toxique dont la soif de revanche sur une vie sans concession les conduira tous à leur perte.
Pour incarner ce concentré d’histoire américaine, Sean Durkin met en scène des corps huilés et musclés à outrance offerts à des spectateurs avides de personnages iconique, des corps que l’on pousse dans leurs derniers retranchements et qui cassent en premier. Maladie, accident, perforation, fracture, ce sont bien les corps qui demandent grâce, juste avant que l’esprit ne bascule à son tour à la recherche d’un havre de paix qu’il ne trouvera que dans la mort.
Réussite à tout prix, religion aveugle et armes à feu, The Iron Claw résume à lui seul tout un pan de la culture américaine dans ce qu’elle a de moins reluisant. Entre l’aveuglement d’une mère et l’acharnement d’un père, le film déroule son implacable trame avec une constante tension sous-jacente jusqu’à ce que le vernis finisse par craquer.
Remarquable de maitrise et de retenue, la réalisation de Sean Durkin s’attache au plus près à ses personnages, les faibles comme les forts, des plus odieux aux plus touchants sans jamais tomber dans le pathos excessif ou l’apitoiement facile.
Il n’y a pas de malédiction mais une masculinité toxique, un culte de l’effort poussé à son paroxysme et pour finir un dernier plan lumineux sur la famille de celui qui aura su briser le cercle et inculquer d’autres valeurs à ses propres enfants.
samedi 20 janvier 2024
Godzilla Minus One
vendredi 29 décembre 2023
Vermines
S’il ne révolutionne pas le genre et n’arrive pas à renouveler l’impact émotionnel de la très nihiliste et éprouvante Tour de Guillaume Nicloux, Vermines se pose en honnête représentant du genre, soucieux d’offrir un spectacle sincère et foncièrement efficace.
Alors que dans le film de Guillaume Nicloux les habitants d’un immeuble de banlieue confrontés à une menace extérieure cherchent à s’organiser pour survivre dans leur tour, c’est sur un principe inverse que s’organise le long métrage de Sébastien Vaniček. Face à un ennemi de l’intérieur, les protagonistes de Vermines n’auront de cesse d’essayer de fuir leur immeuble, et métaphoriquement leur condition sociale incarnée par la cité, pour échapper à une invasion d’araignées très vénères.
Une fois passé l’immersion dans une communauté exubérante au vocabulaire fleuri où les invectives sont la base de tout dialogue (le personnage principal, Kaleb incarné à l’écran par Théo Christine, ne semble pas savoir s’exprimer autrement qu’en criant), on commence à s’attacher aux personnages et donc au sort qui leur sera réservé.
S’ensuit alors un jeu de massacre et d’infiltration où de vilaines bestioles de plus en plus imposantes et agressives investissent les recoins d’un immeuble qui tombe en ruine et traquent ses habitants considérés comme une menace potentielle. Étonnement avare en effets gores, Vermines adopte le point de vue de ses protagonistes, les habitants d’une cité qui coexistent, se supportent ou s’entraident dans un mélange des cultures et une précarité sociale jamais éludés.
Malgré un personnage central un peu caricatural dans sa propension à n’exprimer sa relation aux autres qu’au travers d’une colère permanente, Vermines emprunte les chemins balisés du film d’invasion de vilaines bébêtes en le transposant dans une cité de banlieue avec sincérité et réussite et en évitant de justesse un sous texte social trop appuyé. Sébastien Vaniček est à coup sur un réalisateur à suivre de prés.






