Quoi
de mieux, d’un point de vue purement scénaristique, qu’une maladie dont l’une
des manifestations, même si elle ne concerne qu’une infime partie des malades
atteints du syndrome de Gilles de la Tourette, consiste à lâcher aux moments
les moins opportuns les pires injures sans aucun filtre moral ?
Et qui de
plus doués que les Britanniques pour mettre en image un drame social teinté d’humour
absurde oscillant constamment entre rires et larmes ?
La rencontre entre
le réalisateur Kirk Jones et l’histoire authentique de John Davidson qui, dans
les années 1980, grandit avec une maladie socialement handicapante que personne
ne connait encore et qui va au fil des années devenir le porte-parole des
malades auprès des autorités de toutes sortes engendre ce que les comédies
dramatiques anglaises font le mieux, un drame ancré dans une réalité sociale et
une époque, traversé d’éclats de rires, de situations gênantes et d’une douleur
d’autant plus profonde qu’elle reste incomprise pendant des dizaines d’années.
Porté par un formidable Robert Aramayo entouré d’une floppée de solides interprètes,
Plus fort que moi, s’il ne fait que survoler les ressorts d’une maladie complexe
pour en exploiter les syndromes les plus spectaculaires, n’en reste pas moins
un film salvateur, constamment sous tension dans l’attente d’une explosion
verbale ou physique tantôt comique tantôt dramatique, qui nous promène d’une
émotion à l’autre tout au long de cette vie hors normes d’un homme sommes toute
ordinaire.






