2026 sera décidément l’année des
grands retours. Après Christophe Gans et son Retour à Silent Hill voici Sam
Raimi échappé de la maison Marvel pour renouer avec un genre qui a lancé sa
carrière, la comédie gore et déjanté dont la saga Evil Dead reste l’une des
pierres angulaires.
La trame de Send Help aurait pu servir de scénario à un
épisode de Master of Horror tant cette transposition sur une île déserte du
rapport de force entre un patron despotique et une employée brillante mais
légèrement asociale se prêtait à un traitement resserré et tendu propre aux
pires débordements.
En optant pour des personnages aux comportements excessifs
frôlant parfois le burlesque comme l’était déjà l’interprétation déjantée de
Ash par un Bruce Campbell en roue libre, le réalisateur prend le parti de la
comédie grinçante plutôt que de l’horreur pure. Soit, mais lorsque la
confrontation se résume dans la seconde partie du film à une alternance
mécanique d’entre-aide, trahison, affrontement, on en vient à compter les
points en devinant systématiquement le prochain retournement de situation et en
espérant une issue rapide.
C’est d’autant plus dommage qu’il y a du Misery dans
cette prise d’otage qui ne dit pas son nom et ce refus de sortir d’un univers
fantasmé où s’enferme une Linda Liddle au comportement de plus en plus trouble.
Même s’il sacrifie à quelques scènes gores là aussi poussées à leur paroxysme
(voire le sanglier monstrueux tout droit sorti de Razorback), Sam Raimi ne
retrouve pas l’énergie communicative de ses débuts et se contente d’un face à
face attendu, à peine assez méchant pour contenter les fans de la première
heure mais pas suffisamment subversif pour honorer le genre horrifique.





