Vingt ans après sa première
retranscription à l’écran de Silent Hill, qui reste à ce jour l’une des
meilleures adaptations d’un jeu vidéo au cinéma, Christophe Gans s’empare de
l’univers labyrinthique de Silent Hill 2 pour un film qui prend à contre-pied
les attentes d’un public rompu à l’horreur, au gore et aux sensations fortes.
Car en dépit d’une campagne marketing mettant en avant ses aspects les plus monstrueux,
ce Retour à Silent Hill est avant tout un film sur le deuil et la folie.
Après
avoir perdu la femme de sa vie, James reçoit une lettre de Mary supposée morte,
l’enjoignant de la rejoindre dans sa ville natale, Silent Hill, en proie à un
mal insidieux qui la plonge dans les ténèbres. Commence alors un périple peuplé
de rencontres terrifiantes sur les traces d’un amour passé, un voyage dans les
méandres de la folie et de la mort au coté d’un homme incapable d’accepter son
deuil et sa culpabilité.
Féru de jeux vidéo et de cinéma de genre, le
réalisateur du Pacte des loups prouve, plus de dix ans après sa dernière
réalisation, qu’il reste un cinéaste hors pair capable d’imposer sa patte à des
univers aussi différents que singuliers. Aidé dans la concrétisation de ses
visions d’horreur par le superviseur des effets spéciaux Patrick Tatopoulos,
Christophe Gans invoque les figures attendues par les fans de la saga de
Konami, les infirmières zombies et Pyramid Head en tête, tout en innovant avec
des créatures réellement dérangeantes comme cette femme araignée du plus bel
effet.
S’il se vit comme un délire psychologique plus proche de David Lynch que
d’un film d’horreur mainstream et nous offre de multiples tableaux aussi beaux
que tétanisants, ce Retour à Silent Hill accuse néanmoins de trop nombreuses
longueurs, quelques répétitions dans la succession des visions horrifiques d’un
James de plus en plus engoncé dans sa psyché malade et vingt bonnes minutes en
trop, passant d’un voyage au bout de l’enfer à un ennui poli.
C’est d’autant
plus dommage que l’ensemble repose sur un équilibre fragile entre horreur pure
et romantisme éthéré et fait preuve d’une maturité dans l’exploration du genre
que l’on aimerait voir plus souvent à l’écran.





