Avant
même de se rendre en Irlande pour disperser les cendres de ses défunts parents,
Ohm Bauman est en proie à d’étranges visions alors qu’il écrit la fin de son
dernier roman. Les différents protagonistes croisés aux alentours d’une auberge
réputée hantée par une mystérieuse sorcière vont constituer pour lui les pièces
d’un puzzle dont la révélation finale, mêlant culpabilité personnelle, folklore
local et machination criminelle, va le précipiter au bord de la folie.
C’est d’ailleurs
la principale force du troisième long métrage de Damian McCarthy que de mêler le
lourd secret d’un romancier miné par son passé avec les agissements de
personnages peu recommandables et une horrible légende de plus en plus palpable
pour en tirer un film à l’atmosphère trouble et à de multiples reprises
franchement effrayant.
Jouant à fond sur les effets visuels, et notamment le
hors champs et les ténèbres, et auditifs avec une bande son savamment
travaillée, le réalisateur apporte un soin tout particulier à son environnement
et aux décors pour créer une atmosphère propice à installer ce climat de
terreur d’autant plus progressif que le romancier interprété par Adam Scott
progresse dans une enquête où se mêlent passé et présent, menace réelle et peur
fantasmée, matérialisation de sa propre culpabilité et folklore horrifique.
Déjouant
les codes usuels de mise en scène et de progression du récit par des ruptures
de tons parfois déconcertantes (le romancier Ohm Bauman met plusieurs minutes
pour dévisser une plaque rivée au mur afin de s’enfuir avant de buter sur la
dernière visse et d’abandonner son projet), Damian McCarthy clôt son intrigue
par une vision infernale que n’aurait pas renié Dario Argento pour sa trilogie
des Mères.
Soigné dans sa mise en scène, sa direction artistique et son
écriture, jouant autant sur une atmosphère d’angoisse que sur des jump scares parfois
convenus, Hokum nous emmène par petites touches parfois imperceptibles (le
reflet d’un visage blême sur une vitre) vers un cauchemar païen et un voyage
intérieur pour un homme miné par le remord et en quête d’une rédemption aussi
douloureuse que salutaire.






