Les yeux rivés vers le ciel, Steven
Spielberg continue de scruter les cieux en quête d’une visite qui pourrait bien
bouleverser nos convictions, tant morales que spirituelles.
E.T., Rencontres du
troisième type, La Guerre des mondes ou Indiana Jones et le Royaume du crâne de
cristal, le réalisateur n’a eu de cesse sa carrière durant de s’interroger sur
les conséquences qu’aurait un contact avec une entité extra-terrestre. Disclosure
Day en fait son sujet principal, embrassant la thèse de la créature de Roswell
et du thriller parano façon X-Files pour poser les bases d’une révélation qui
pourrait peut être sauver un monde au bord du gouffre.
La solution ? L’empathie
que nous porterons à ces êtres venus d’ailleurs et à nos semblables. Dit ainsi
le thème du film a de quoi faire sourire les plus cyniques d’entre nous, mais c’est
sans compter le savoir faire et la sincérité d’un cinéaste hors du commun qui
en a fait son cheval de bataille tout au long de sa filmographie.
Alternant les
scènes d’actions millimétrées (la poursuite en voiture s’achevant contre un
train lancé à pleine vitesse) ou les face à face sous tension (le duel
psychique entre Jane et Noah dans la ferme isolée), le réalisateur n’en oublie
pas moins sa propre introspection lorsqu’il reconstitue, par l’intermédiaire du
personnage d’Hugo, la maison familiale de Margaret afin de la replonger dans
ses souvenirs d’enfance. Ce décor factice d’un pavillon de banlieue américaine
n’en demeure pas moins l’un de ses terrains de jeu favori lorsqu’il se place à
hauteur d’enfant pour en explorer toute sa richesse et sa complexité.
Malgré
une baisse de rythme dans sa seconde partie, le film aurait gagné à être
raccourci de quinze bonnes minutes, et le choix discutable de Colin Firth pour
incarner le grand méchant, Disclosure Day reste un spectacle sincère préférant miser
sur le jeu des acteurs, la précision de la mise en scène et la puissance
discrète du score de John Williams plutôt que la démesure des effets spéciaux
pour porter un message d’espoir que l’on pourra trouver naïf mais qui n’en
reste pas moins courageux dans le contexte actuel.






