S'il
y a bien une chose que l’on ne peut pas reprocher à Marty Mauser, c’est de ne
pas lâcher l’affaire.
Jeune juif new-yorkais dans l’Amérique de l’après-guerre,
Marty Mauser est convaincu de son destin hors du commun qu’il fera tout pour
accomplir. Il aurait pu devenir arnaqueur, gigolo ou bateleur (il sera un peu
tout cela à la fois), mais c’est dans une carrière de pongiste professionnel qu’il
se lance à corp perdu, faisant fi de tous les obstacles et prêt à tous les
sacrifices pour parvenir à ses fins.
S’ensuivent alors neuf mois de la vie de Marty
Mauser, le temps d’une grossesse, que l’on pourrait croire filmés en temps réel
malgré les deux heures trente du film tellement s’accumulent les péripéties d’un
personnage en perpétuel mouvement.
Car c’est bien ce qui caractérise Marty
Mauser incarné par un Timothée Chalamet omniprésent et en totale fusion avec
son rôle, cette énergie perpétuelle et débordante, communicative et éreintante d’un
homme tour à tour charmeur et agaçant persuadé d’avoir rendez-vous avec l’histoire.
A la fois comédie, film de sport et d’ascension, chronique d’une Amérique en
pleine effervescence après le choc de la deuxième Guerre Mondiale, course
contre la montre et portrait d’un homme pressé, le film de Josh Safdie s’offre
de surcroit le luxe d’une floppée de seconds rôles que l’on imaginerait plus dans
la grande famille de Scorcese que de celle de Woody Allen, parmi lesquels Abel
Ferrara s’offre une interprétation qui restera dans les mémoires.
Il faudra
attendre le dernier plan d’une épopée intime vécue à cent à l’heure pour que Marty
Mauser se laisse enfin submerger par une vague d’émotion communicative et que les spectateurs reprennent leur souffle.






