Tout commence en Espagne où Jeanne,
une Française un peu perchée trop portée sur la bouteille, noue des relations
de plus en plus fusionnelles avec son filleul âgé de six ans. Lorsque l’enfant
disparait et que Jeanne s’enfuit en France pour retrouver la communauté au sein
de laquelle elle a grandi, les évènements se précipitent et des secrets depuis
trop longtemps enfouis remontent brutalement à la surface.
Il faut reconnaitre
une chose à Guillaume Canet, c’est sa volonté d’aborder le thriller par les
chemins de traverse, ici le quotidien parfois franchement glauque d’une secte en
milieu rural, et de coller à une réalité d’autant plus glaçante qu’elle parait
crédible.
Des séances d’éducation collectives aux punitions publiques en
passant par des simulacres de messes et des humiliations à vertus rédemptrices,
le film bascule dans sa seconde moitié dans la perversion la plus éprouvante
par l’entremise d’un gourou aussi immonde que charismatique.
Servi par une
photographie austère en résonnance avec son propos et porté par une
distribution parfaite dominée par un Denis Ménochet une fois encore hypnotique et
une Marion Cotillard toute en retenue, Karma (drôle de titre dont on cherche
encore la signification soit dit en passant), s’il n’échappe pas aux retournements
de situations convenus et à quelques ficelles scénaristiques discutables, reste
un thriller d’excellente facture qui se donne les moyens de ses ambitions.






