samedi 19 septembre 2026

Resident Evil

Auréolé par le récent succès d’Evanouis, Zach Cregger reprend les rênes de la saga d’horreur vidéoludique maintes fois adaptée et tout autant malmenée par un Paul W.S. Anderson en roue libre. 
Tient-on enfin la transcription tant attendue sur grand écran de l’une des pierres angulaires du jeu vidéo horrifique ? Rien n’est moins sûr et ce n’est pas le plus important. 
S’il respecte les codes de progression des Resident Evil, par ailleurs très différents d’un épisode à l’autre, avec des lieux emblématiques à explorer (la ferme abandonnée, les égouts, la ville en feu, l’hôpital) et une montée en gamme des équipements mis à disposition du protagoniste principal (pistolet, fusil de chasse, fusil d’assaut), s’il multiplie les clins d’œil aux fans (ho une machine à écrire, ho un chien mutant, ho une vue à la première personne), le réalisateur ne fait qu’effleurer une mythologie bien trop vaste pour être condensée en une heure trente et précipite le dénouement lié à Umbrella Corportion en quelques scènes hâtivement mises bout à bout. 
Sans tomber dans le piège de mettre en scène l’un des personnages culte de la saga, ce qui aurait était pour le coup extrêmement risqué sinon suicidaire, Zach Cregger oscille constamment entre le désir à peine voilé de livrer une comédie horrifique dans la lignée d’Evil Dead, et la peur de dévoyer l’esprit même de la série et par là même s’attirer les foudres des fans de la première heure. 
Cela fait il de ce Resident Evil cuvée 2026 un mauvais film ? 
Absolument pas tant on prend un réel plaisir à suivre Bryan, prototype même du anti-héro dépassé par les évènements, au cours d’une nuit cauchemardesque à l’issue pour le moins dantesque. 
Rythmé, porté par des effets spéciaux plutôt réussis et une atmosphère de survie permanente, Resident Evil égrène les jump scare efficaces et des scènes suffisamment marquantes pour se démarquer du tout venant des productions horrifiques actuelles. D’une pluie d’infectés tombant du haut des immeubles à un mutant agglomérant ses victimes en un puzzle macabre, Resident Evil se montre généreux et sincère, démontrant une fois de plus qu’à de rares exceptions prés (le Silent Hill de Christophe Gans) le jeu vidéo se suffit à lui-même et ne se plie que difficilement au format d’un long métrage.