Auréolé par le récent succès d’Evanouis,
Zach Cregger reprend les rênes de la saga d’horreur vidéoludique maintes fois adaptée
et tout autant malmenée par un Paul W.S. Anderson en roue libre.
Tient-on enfin
la transcription tant attendue sur grand écran de l’une des pierres angulaires
du jeu vidéo horrifique ? Rien n’est moins sûr et ce n’est pas le plus
important.
S’il respecte les codes de progression des Resident Evil, par
ailleurs très différents d’un épisode à l’autre, avec des lieux emblématiques à
explorer (la ferme abandonnée, les égouts, la ville en feu, l’hôpital) et une
montée en gamme des équipements mis à disposition du protagoniste principal
(pistolet, fusil de chasse, fusil d’assaut), s’il multiplie les clins d’œil aux
fans (ho une machine à écrire, ho un chien mutant, ho une vue à la première
personne), le réalisateur ne fait qu’effleurer une mythologie bien trop vaste
pour être condensée en une heure trente et précipite le dénouement lié à
Umbrella Corportion en quelques scènes hâtivement mises bout à bout.
Sans tomber
dans le piège de mettre en scène l’un des personnages culte de la saga, ce qui
aurait était pour le coup extrêmement risqué sinon suicidaire, Zach Cregger
oscille constamment entre le désir à peine voilé de livrer une comédie horrifique
dans la lignée d’Evil Dead, et la peur de dévoyer l’esprit même de la série et
par là même s’attirer les foudres des fans de la première heure.
Cela fait il de
ce Resident Evil cuvée 2026 un mauvais film ?
Absolument pas tant on prend
un réel plaisir à suivre Bryan, prototype même du anti-héro dépassé par les
évènements, au cours d’une nuit cauchemardesque à l’issue pour le moins
dantesque.
Rythmé, porté par des effets spéciaux plutôt réussis et une atmosphère
de survie permanente, Resident Evil égrène les jump scare efficaces et des
scènes suffisamment marquantes pour se démarquer du tout venant des productions
horrifiques actuelles. D’une pluie d’infectés tombant du haut des immeubles à
un mutant agglomérant ses victimes en un puzzle macabre, Resident Evil se
montre généreux et sincère, démontrant une fois de plus qu’à de rares
exceptions prés (le Silent Hill de Christophe Gans) le jeu vidéo se suffit à lui-même
et ne se plie que difficilement au format d’un long métrage.
