jeudi 27 août 2026

The Dog Stars

Vendu de prime abord comme un film d’anticipation post apocalyptique, la dernière œuvre de Ridley Scott, 88 ans au compteur et plus que jamais le pied au plancher, ne se résume pourtant pas à ses scènes d’action, loin s’en faut. 
C’est avant tout son parti prix contemplatif qui retient l’attention, le choix de larges plans aériens pour embrasser une nature enfin livrée à elle-même et l’interprétation fantomatique d’un Jacob Elordi presque transparent dans le rôle d’un passeur entre deux mondes qui n’arrive pas à échapper à son passé. 
Si le scénario n’évite pas quelques poncifs, les vieux (Josh Brolin, Guy Pearce) grincheux, méfiants, repliés sur eux même et ancrés dans le monde d’avant s’opposant de façon assez évidente à la génération suivante (Jacob Elordi, Margaret Qualley) plus ouverte aux autres et désireuse de découvrir le monde ou du moins ce qu’il en reste, le réalisateur britannique souffle constamment le chaud et le froid en alternant des scènes d’une noirceur sidérante (la réalité glaçante derrière l’utopie de Grand Junction) et des séquences bucoliques d’une communauté amish ou assimilée flirtant avec une naïveté non feinte. 
Entre les deux nous voyageons en compagnie de Hig et de son chien parmi les ruines d’un monde abandonné peuplé de hordes de survivants donnant lieu à des scènes d’assaut d’autant plus marquantes qu’elles sont utilisées avec parcimonie.
Tour à tour nostalgique, utopique, glaçant voir carrément horrifique, The Dog Stars s’inscrit parmi les œuvres qui font dates pour parler du monde d’après (La route ou Le livre d’Eli pour ne citer qu’eux), bien aidé par une distribution trois étoiles, même si l’on peut déplorer le manque d’épaisseur du personnage de Cima interprété par Margaret Qualley. 
Comme Georges Miller en son temps avec Mad Max 2, Ridley Scott ne peut se résoudre à faire triompher une barbarie pourtant bien réelle. Il restera toujours une pulsion de vie, un espoir au milieu des ruines et des cadavres, celui de construire une société nouvelle et d’aimer de nouveau sans oublier ni renier son passé.

lundi 3 août 2026

De la Comédie-Française

Débuter le film par la scène la plus réussie qui se trouve être également le fer de lance de la bande annonce c’est prendre le risque de décevoir par la suite, et c’est l’un des travers que n’évite pas cette comédie par ailleurs bien troussée sur les coulisses de la Comédie-Française. 
Suite à une première séquence quasi surréaliste portée par les excellents Guillaume Gallienne et Pauline Clément qui laissait augurer un humour absurde et décalé, De la Comédie-Française se cale sur un style quasi documentaire pour explorer les dessous d’une première et d’une manière plus générale de la façon dont on monte une pièce de théâtre. Après un tour d’horizon des différents personnages, l’intrigue aligne les galères assumées avec un calme olympien par une Pauline Clément qui reste la véritable révélation de ce film choral. 
Malgré quelques fautes de goût dont le personnage de Nadine en mamie fumeuse de joint déjà vue cent fois, De la Comédie-Française se révèle une très bonne surprise grâce à la complicité évidente d’une troupe soudée autant par l’amour du théâtre que par les embuches rencontrées au cours des trois heures précédent le levé de rideau. 
Jamais hautaine, jusque dans sa durée ramassée sur une heure quinze, la comédie de Martin Darondeau et Bertrand Usclat joue bien évidemment avec les stéréotypes et pêche parfois par le caractère répétitif de l’action, mais a le mérite de dépoussiérer avec un goût de l’auto-dérision bienvenu une institution que l’on n’a jamais vue d’aussi prés.