samedi 24 octobre 2026

Karma

Tout commence en Espagne où Jeanne, une Française un peu perchée trop portée sur la bouteille, noue des relations de plus en plus fusionnelles avec son filleul âgé de six ans. Lorsque l’enfant disparait et que Jeanne s’enfuit en France pour retrouver la communauté au sein de laquelle elle a grandi, les évènements se précipitent et des secrets depuis trop longtemps enfouis remontent brutalement à la surface. 
Il faut reconnaitre une chose à Guillaume Canet, c’est sa volonté d’aborder le thriller par les chemins de traverse, ici le quotidien parfois franchement glauque d’une secte en milieu rural, et de coller à une réalité d’autant plus glaçante qu’elle parait crédible. 
Des séances d’éducation collectives aux punitions publiques en passant par des simulacres de messes et des humiliations à vertus rédemptrices, le film bascule dans sa seconde moitié dans la perversion la plus éprouvante par l’entremise d’un gourou aussi immonde que charismatique. 
Servi par une photographie austère en résonnance avec son propos et porté par une distribution parfaite dominée par un Denis Ménochet une fois encore hypnotique et une Marion Cotillard toute en retenue, Karma (drôle de titre dont on cherche encore la signification soit dit en passant), s’il n’échappe pas aux retournements de situations convenus et à quelques ficelles scénaristiques discutables, reste un thriller d’excellente facture qui se donne les moyens de ses ambitions.

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