jeudi 17 novembre 2011

L'ordre et la morale

Pour ceux et celles qui comme moi étaient adolescents en 1988, la prise d’otage des gendarmes dans la grotte d’Ouvéa évoque nécessairement quelque chose. Un fait divers marquant mais jamais clairement expliqué et depuis lors oublié par la plupart des gens. Mathieu Kassovitz décide qu’il est temps de dépoussiérer cette affaire et de faire la lumière sur ce qui se révèlera comme un drame humain bien plus grave que ce que les médias et politiques de l’époque avaient bien voulu laisser paraitre.
Le film suit la succession des évènements qui aboutissent à l’assaut final sous forme de compte à rebours menant inéluctablement vers l’issue dramatique que l’on connait. Pour ce retour à la réalisation, Mathieu Kassovitz prend son temps. Les pales des hélicoptères et la musique grave et hypnotique rythment le parcours douloureux de Philippe Legorjus, capitaine du GIGN dont la mission est habituellement de négocier avec des preneurs d’otages.
Mais en Nouvelle Calédonie et dans le contexte des élections présidentielles opposant Chirac et Mitterand, la situation est tout autre. Le gouvernement dépêche l’armée sur place, les évènements ne sont pas, ou peu couverts par les médias, et surtout les preneurs d’otages sont eux-mêmes pris en otages par les enjeux politiques français. Tous les éléments sont en place pour que la situation dégénère, ce qui ne manque pas d’arriver.
Pour reconstituer de manière aussi fidèle que possible la succession de décisions qui ont abouti au massacre final, Mathieu Kassovitz effectue un impressionnant travail de recherche et livre un film qui n’élude pas son sujet. Il cite clairement les politiques en place à ce moment là, la soif de pouvoir qui domine tout autre chose et particulièrement la valeur d’une vie humaine. Un peu long dans sa première partie (le film aurait gagné à être raccourci d’un bon quart d’heure), L’Ordre et la Morale suit le parcours de deux hommes.
Alphonse Dianou, le chef des preneurs d’otages dont les principes et les idéaux l’enferment peu à peu dans une situation qui le dépasse. Et surtout Philippe Legorjus qui, tout en cherchant à trouver une solution pacifique au conflit n’en applique pas moins les ordres qui lui sont donnés en bon soldat. Un homme tiraillé entre ce qu’il croit et ce qu’on lui dit de faire, un homme qui essaie tant qu’il peut de sauver des vies mais qui finit par s’incliner devant les décisions, pourtant criminelles, de ses supérieurs. Un homme avec ses forces et ses faiblesses, son courage et ses lâchetés que le réalisateur a le courage de montrer tel qu’il est. Ni héros ni parfait salaud, un fonctionnaire qui, à défaut de pouvoir changer le système s’y plie et s’arrange avec sa conscience.
L’ordre et la Morale est un film courageux, lucide, une dénonciation de plus des exactions commises au non de l’intérêt national. Le sujet est captivant, le traitement l’est un peu moins faute d’une mise en scène que l’on aurait voulu plus tendue et nerveuse. Il n’en reste pas moins que c’est un film indispensable.

lundi 31 octobre 2011

Les Aventures de Tintin : le secret de la Licrone

Steven Spielberg à la réalisation + Peter Jackson à la production + Hergé comme source d’inspiration, c’est peu dire que cette nouvelle adaptation de Tintin sur grand écran est née sous une bonne étoile. Ce projet, Steven Spielberg y pense depuis des années. Il lui faudra attendre les avancées technologiques suffisantes et la motion capture pour pouvoir enfin donner vie à sa vision de ce héros de papier. Car il ne faut pas s’y tromper, avec ces Aventures de Tintin, nous sommes davantage chez Spielberg que chez Hergé.

Puisant dans pas moins de trois albums (Le Crabe aux pinces d’or, Le trésor de Rackam le Rouge et le Secret de la Licorne), le film se vit comme une succession d’aventures qui emmènent les protagonistes aux quatre coins du monde dans une course effrénée au trésor. Une course presque trop effrénée d’ailleurs, qui laisse peu de place au répit et encore moins à toute trace d’émotion. Car si le rythme ne faiblit pas une seule seconde, que l’animation n’a jamais était aussi fluide et que les scènes d’actions sont toutes plus impressionnantes les unes que les autres, les personnages, en particulier celui de Tintin, souffrent d’un vide émotionnel dont l’origine se trouve d’ailleurs dans les albums d’Hergé. Tintin est un être sans aspérité, pratiquement asexué, d’une humeur égale, un personnage qui ne se révèle que dans la succession d’aventures auxquelles il se trouve mêlé. Spielberg respecte en cela les personnages d’Hergé et transforme le jeune reporter en une sorte d’Indiana Jones européen, en plus lisse et pour tout dire moins intéressant.

Malgré cela, le film force l’admiration par sa réalisation, ses performances techniques et la multitude de scènes de bravoure qui s’enchainent à un rythme incroyable. Bien que prenant quelques libertés avec les albums en question (de nombreuses scènes, comme par exemple le violent combat de grues opposant le Capitaine Haddock à Ivanovich Sakharine, n’y figurent pas) et l’imaginaire même d’Hergé (les morts sont beaucoup plus nombreux et visibles que dans les histoires initiales), Spielberg parvient à réaliser un film relativement fidèle aux personnages tout en y apposant sa marque. On pourra ainsi s’amuser à noter les multiples renvois à sa filmographie qui parsèment le film. Le combat dans le paquebot en pleine tempête n’est pas sans rappeler une scène des Aventuriers de l’Arche Perdu, la houppette de Tintin qui fend la surface de la mer quand il s’approche de l’hydravion ressemble fort à un clin d’œil aux Dents de la Mer, quand à la poursuite en side car dans les rues de la ville, elle fait irrésistiblement penser à La Dernière Croisade.

Les Aventures de Tintin : le secret de la Licorne est donc un spectacle réussi, surement trop foisonnant et rapide pour satisfaire pleinement les puristes tintinophiles mais c’est peut être la condition nécessaire pour conquérir le public américain à la cause du petit reporter belge. On peut aussi se reposer les yeux en se replongeant dans la magie des albums d’Hergé.

dimanche 23 octobre 2011

Polisse

Habituée au film choral, Maïwenn se penche cette fois sur le quotidien des policiers de la Brigade de Protection de l’Enfance. Ils sont neuf, hommes et femmes aux personnalités marqués, tour à tour agaçants, attachants, exaltés ou écœurés par un métier hors du commun.

Car la réalité des membres de la BPE est loin de celle des flics habituellement mis en scène au cinéma. Chaque jour, ils sont confrontés à des viols d’enfants, des incestes, des enlèvements ou de l’esclavage. Face à cette réalité terrible, chacun réagit à sa façon, avec des répercussions inéluctables sur leurs vies privées.

Avec Polisse, Maïwenn frappe fort car elle frappe juste. Il aurait été facile de tomber dans le voyeurisme ou le misérabilisme avec un tel sujet. La réalisatrice évite avec élégance tous ces écueils en marquant à la culotte un groupe incarné par des comédiens d’une rare justesse. Pas de prise de position, peu de scènes d’actions, pas de pathos exagéré, les situations mises en scènes parlent d’elles même. Maïwenn va même jusqu’à traiter par l’humour une situation dramatique quand une jeune fille explique le plus naturellement du monde devant l’équipe hilare qu’elle a sucé des garçons pour récupérer son portable, parce que tout de même, « c’était un beau portable ». La tension supportée quotidiennement par ces policiers est gérée différemment par chacun mais elle a toujours des conséquences sur leur vie privée. Et quand elle éclate, cela donne des scènes d’une force incroyable, comme cette dispute homérique entre Karin Viard et Marina Foïs, ou la confrontation entre un père arabe traditionaliste et Naidra Ayadi.

Porté par une tension et une énergie qui ne faiblit pas un seul instant quand nous partageons le quotidien de la BPE, le film s’essouffle quand il s’agit de traiter des histoires amoureuses qui viennent se greffer sur l’histoire, particulièrement celle entre Maïwenn et Joey Starr. Pour dire les choses comme elles sont, chaque apparition de Maïwenn en tant qu’actrice plombe le film. De même, la scène de la discothèque est trop longue et coupe le rythme qui ne laissait jusque là pas un seul moment de répit au spectateur.

En dehors de cela, Polisse est une vrai réussite, une claque sans aucun artifice dont on sort en ne sachant pas trop s’il est porteur d’espoir ou au contraire si le film est le constat sans appel d’une souffrance d’autant moins acceptable qu’elle prend pour cible des enfants.

mercredi 12 octobre 2011

Drive

Rarement un film aura autant mérité le prix de la mise en scène à Cannes que Drive. Après des débuts aussi intéressants qu’inégaux, Nicolas Winding Refn livre un film dont chaque scène semble avoir été pensée en termes esthétiques tout en servant admirablement l’histoire qu’il raconte.

Cette histoire, c’est avant tout celle d’une rencontre entre un jeune homme froid et taciturne et une jeune mère de famille qui ne demande qu’à tomber amoureuse. Même si Drive brasse des thèmes aussi diverses que le film de gangster, la vengeance, le film de poursuite, c’est avant tout d’une histoire d’amour tragique dont il est question.

Le réalisateur qui semble chérir les personnages peu expansifs filme avec brio toute une galerie de personnages au milieu desquels se détache un Ryan Gosling impressionnant de sobriété et d’humanité cachée. Alors qu’il ne prononce que peu de mots, ses accès de violence n’en sont que plus crédibles et effrayants. Face à lui, Carey Mulligan campe une jeune femme loin des canons esthétiques des films de genre, à la fois fragile et déterminée à élever seule son petit garçon. Le reste de la distribution est tout aussi impressionnant, entre un Brian Cranston dont le talent n’est plus un secret depuis son interprétation vertigineuse dans la série Breaking Bad, Albert Brooks en mafioso redoutable et un Ron Perlman autrement plus intéressant que dans le récent Conan.

Drive est donc un film beau et intelligent porté par une bande son décalée et une photo superbe, une histoire qui semble suivre les sentiers mille fois empruntés du film de gangster pour mieux bifurquer là où on ne l’attend pas, vers la rencontre d’un homme et d’une femme qui auraient pu vivre heureux ensemble si les vents contraires de leurs destins ne les en empêchait.

Après Bronson et sa trilogie Pusher, Nicolas Winding Refn entre enfin dans la cour des grands sans renier les thèmes qui lui sont chers (les personnages atypiques, la description de microcosmes en marge de la société, la solitude, l’engrenage de la violence). La suite nous montrera s’il saura renouveler ce coup de maitre.

samedi 17 septembre 2011

Warrior

Passons tout de suite sur les défauts qui empêchent Warrior d’être un film de la trempe de Rocky. L’élément principal qui plombe l’histoire est un scénario trop convenu qui accumule les poncifs, jusque dans la dernière scène du film qui le fait basculer vers la lumière alors qu’il aurait dû être un diamant noir.

Un père de famille presque parfait, un jeune homme perdu mais sauvé par un fait d’arme glorieux, l’accident qui permet à Brendan Conlon de prendre part au tournoi sont autant de facilités scénaristiques qui ne parviennent toutefois pas à atténuer l’impact du film. Car si l’histoire se déroule sans grande surprise et emprunte les chemins balisés du film de combat (mise à l’épreuve, entrainement, tournoi, sacrifice, rédemption), si la partie consacrée à l’entrainement des deux frères (dont les méthodes radicalement différentes peuvent faire penser à la même succession de scènes dans Rocky IV) est peu lisible à cause de l’utilisation du split screen, il n’en reste pas moins que Warrior est un film prenant et intéressant à plus d’un titre.

Premièrement, le milieu du free fight, très peu exploité à l’écran, permet aux acteurs d’exprimer sur le ring toute la hargne de leurs personnages et donne lieu à des confrontations hautes en couleur et à des combats secs et brutaux. Le premier combat de Tom Conlon à l’entrainement est à ce titre exemplaire en termes d’efficacité, de rapidité et de violence.

Le film est ensuite porté par les prestations hautes en couleurs de Joël Edgerton dans un rôle qui aurait rapidement pu devenir terne et ennuyeux, de Nick Nolte toujours impressionnant dans le rôle ingrat du père en quête de pardon. L’acteur laisse éclater tout son talent lors d’une scène de beuverie désespérée au cours de laquelle il passe en une fraction de seconde de la déchéance la plus totale à une folie menaçante, laissant entrevoir un bref instant l’homme qu’il fut jadis et qui martyrisa sa femme et ruina la vie de ses enfants. Mais force est de reconnaitre que l’interprétation de Tom Hardy dépasse d’une tête toute les autres. Qu’il soit sur le ring ou dans un café, toujours hanté par ses propres démons, l’acteur livre une prestation tout simplement hallucinante. Il fait de Tom Conlon un homme dévoré par la colère, un animal prêt à bondir sur celui qui se mettrait en travers de son chemin sans se soucier une seule seconde des conséquences de ses actes. Si une pareille colère l’anime pour son prochain rôle de Bane dans The Dark Night Rises, Batman a du souci à se faire !

Dernière raison d’aller voir Warrior et non des moindres, c’est le désespoir et la rage qui animent chacun des personnages. Rarement autant de haine n’aura été véhiculée par des hommes que celle qui lie les deux frères Conlon à leur père. Warrior est un film social car il montre la réalité économique d’une certaine Amérique qui lutte pour garder sa maison tout en travaillant à plein temps. C’est aussi un film qui met en scène des hommes qui se battent chacun à leur manière et pour des raisons différentes. Pour préserver sa famille, pour rattraper les erreurs du passé, pour évacuer une colère trop longtemps contenue qui menace de les détruire. La violence des combats sur le ring n’est que le reflet de cette colère qui s’exacerbe au sein du microcosme familiale. Et lorsque les deux frères quittent le ring en se soutenant mutuellement après s’être quasiment entretués à main nue, le sourire de Nick Nolte qui clôture le film en est la dernière fausse note.

Car si les deux frères se sont retrouvés dans la violence, le père lui reste seul et n’est pour rien dans ce concours de circonstance qui les a vus se confronter dans la cage. Le fait de laisser entrevoir une lueur d’espoir et une possible entente entre le père et les fils, ce que laisse présager ce sourire apaisé, est en contradiction totale avec la tonalité du film. Dommage que le réalisateur cède ainsi à la facilité, il passe à coté d’un grand et beau film en colère.

samedi 3 septembre 2011

Neds

2003, The Magdalene sisters sort en salle. Un choc irradié par la beauté d’Anne Marie Duff et le deuxième film de Peter Mullan.

Huit ans après, le réalisateur livre avec Neds un film qui renvoie à sa propre vie. Nous sommes à Glasgow en 1973. John McGill s’apprête à entrer au collège. Son père, impeccablement interprété dans toute son ignominie par le réalisateur lui-même, est un alcoolique qui terrorise sa femme. Son grand frère est un délinquant dont la réputation le protège autant qu’elle fait peser sur lui le poids des suspicions de ses professeurs, craignant que John ne suive ses traces.

Pourtant, John est un élève brillant qui, dans un tout autre contexte, aurait été promis un avenir prometteur. Seulement voilà, il est né dans une banlieue pauvre, où les affrontements entre les bandes de jeunes font régner la terreur dans le quartier.

Dès son entrée au collège, il est la proie du harcèlement d’un plus grand qui lui promet de faire de sa vie un enfer. Commence alors une spirale de violence qui va le consumer peu à peu.

Loin de dresser le portrait du mouvement hooligans comme le faisait le film homonyme de Lexi Alexander, ou de pondre un énième drame larmoyant, Peter Mullan continue son exploration d’une certaine jeunesse anglo saxonne sacrifiée, comme tant d’autre, sur l’autel de la pauvreté et de la violence qu’elle engendre. A travers le portrait de ce jeune garçon interprété à des âges différents par Gregg Forrest et Conor McCarron impressionnants d’authenticité, le réalisateur met en évidence un système familial et éducatif aussi destructeurs que les pulsions qui poussent John McGill vers le vide.

Si Peter Mullan évite tout manichéisme (c’est par exemple le modèle éducatif plus que les professeurs eux même qui est mis en cause) et ne sombre pas dans le piège du déterminisme sociale en clôturant son film par une fin ouverte laissant libre toute interprétation quand à l’avenir de John, il se raccroche néanmoins à quelques facilités scénaristiques. Ainsi, un concours de circonstance fait sans cesse croiser le chemin de John avec celui de Canta, son premier tortionnaire qui deviendra ensuite la victime la plus emblématique de sa violence. Même chose avec le bus qu’il braque une première fois et dans lequel il s’engouffre un peu plus tard.

Malgré ces petits écueils, Neds est un film puissant, traversé de moments surréalistes, comme cette baston entre John et un Christ descendu de sa croix, ou cette traversé d’un groupe de lions qui le regardent passer sans aucune agressivité. Le seul reproche que l’on peut faire au réalisateur, c’est de se faire si rare sur les écrans.

mardi 30 août 2011

La piel que habito

Après Etreintes brisées et surtout le magnifique Volver, Pedro Almodovar change radicalement d’univers sans toutefois renoncer aux thèmes récurrents qui parsèment son œuvre depuis plusieurs années.

La Piel que habito commence comme un roman d’Amélie Nothomb. Un éminent chirurgien qui a perdu sa femme et sa fille de manière tragique retient prisonnière une patiente énigmatique sur laquelle il semble tester une nouvelle peau synthétique. Alors que le médecin et sa captive jouent au chat et à la souris par le biais de caméras de surveillance, le fils de sa gouvernante fait irruption dans la maison et déclenche un drame.

Cette première partie renvoie aux premiers films du réalisateur, la fougue et l’énergie de sa jeunesse en moins. Que ce soit au travers d’un viol filmé de manière surréaliste et quasi comique perpétué par un homme déguisé en tigre, ou des thèmes chers au cinéaste qui abondent (le viol justement, le voyeurisme, les relations complexes qui unissent les personnages), on ne peut s’empêcher de penser avec nostalgie au cinéaste débutant de la movida qui se serait embourgeoisé. Croisant le thème de Frankenstein et des Yeux sans visages de Georges Franju, Almodovar pose les jalons de ce qui s’annonce comme un film froid, posé et passablement ennuyeux.

La seconde partie du film qui voit les différentes intrigues liant les personnages se délier par le jeu de flash back révèle un scénario redoutablement vénéneux. On comprend alors ce qui a pu attirer le cinéaste dans cette histoire tirée du roman de Thierry Jonquet. Les pulsions dérangeantes qui animent les personnages, et plus particulièrement le docteur Robert Ledgard partagé entre désir de vengeance et inceste, l’impitoyable mécanique du scénario qui amène progressivement le spectateur à découvrir l’incroyable vérité confère au film un délicieux parfum de scandale.

Malgré cela, et en dépit de la présence de la belle Elena Anaya, de l’élégant Antonio Banderas et de la toujours fidèle Marisa Paredes, La piel que habito est loin d’avoir la puissance et la beauté de Volver ou la fraicheur de Femmes au bord de la crise de nerf. L’incursion de Pedro Almodovar dans le thriller n’a plus le goût de soufre qui habitait ses premiers films.