samedi 4 avril 2026

They will kill you

They will kill you ne mise pas tout sur son scénario, c’est le moins que l’on puisse dire. Tout commence au Virgil, un mystérieux hôtel qui pourrait être l’exact opposé du Continental cher à John Wick. Ici tout est permis pour survivre, c’est ce que va expérimenter Asia Reaves, une jeune femme tout juste sortie de prison à la recherche de sa jeune sœur. 
A partir de là, l’histoire nous est distillée par chapitres mais c’est surtout à un incroyable jeu de massacre que nous convie le réalisateur russe Kirill Sokolov. 
Puisant à de multiples références aussi bien visuelles que contextuelles, de Kill Bill à The Raid en passant par Nuits de cauchemars, They will kill you enchaine les mises à mort brutales et graphiques, la chorégraphie du premier combat entre Asia Reaves et ses agresseurs dans sa chambre est d’ailleurs particulièrement réussie, avant de s’enfermer dans un cycle répétitif du fait même des ennemis que la jeune femme doit affronter. 
Passant assez rapidement du home invasion à la comédie horrifique, puis au délire le plus total, voir à ce sujet la poursuite effrénée entre l’œil de l’infortunée mais coriace Heather Graham et le personnage interprété par Zazie Beetz, They will kill you se clôt dans un foutoir général, un pandémonium sous stéroïde et influence des films de kung-fu où plus rien n’a d’importance, et surtout pas les multiples sévices subis par des protagonistes visiblement invincibles. 
Si le film lorgne vers l’énergie et l’esprit subversif des premiers longs métrages de Peter Jackson et Sam Raimi, il souffre néanmoins d’une pauvreté de dialogues d’autant plus préjudiciable que la plupart des scènes appelaient des punchlines bien badass pour faire mouche. 
Jouissif au dixième degrés, généreux et animé des meilleures intentions, They will kill you finit néanmoins par tourner en rond en nous laissant aussi épuisé que dubitatif devant une telle débauche d’énergie.  

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