Grands
pourvoyeurs de comédies plus douces qu’amères pour le cinéma français, Olivier
Nakache et Eric Toledano livrent un film au concept marketing imparable : réunir
dans une même salle de cinéma la génération des parents nostalgiques de leurs
années d’adolescence et celle de leur progéniture curieuse de découvrir comment
c’était à l’époque.
Basé sur leurs propres souvenirs d’enfance, Juste une
illusion s’ouvre sur un musée à ciel ouvert dédié aux années 80 où rien ne
manque, de la moindre marque de vêtement aux programmes télévisuels en passant
par une bande son quasiment exhaustive des tubes du moment, enchaine avec une
régularité de métronome une série de séquences dédiées à chaque personnage avec
gags et clins d’œil à l’appui pour s’achever sur un final où (attention spoiler)
tout finit bien dans une ambiance solidaire (Touche pas à mon pote), musicale (le
concert de Téléphone) et résolument optimiste (les vidéos de vacances où tout
le monde a l’air heureux).
Jouant à fond sur la nostalgie d’une décennie pas
aussi riante que dans nos souvenirs communs, le film effleure une réalité
économique compliquée pour en faire l’un des ressorts du film (le chômage du
père de famille), jette un voile pudique sur la condition des femmes dans le
monde du travail à travers l’ascension sociale à peine esquissée du personnage
interprété par Camille Cottin et choisit résolument son camp, celui de la
comédie inoffensive et bien-pensante, suffisamment rythmée pour que l’on ne s’ennuie
pas une seconde, portée par un casting impeccable, une bande son et une
reconstitution historique pensées pour une immersion immédiate en 1985, quitte
pour cela à sacrifier quelques enjeux forts du film (le combat des époux Dayan
pour retrouver ou accéder à un statut professionnel) et passer à la trappe des
personnages haut en couleur, dont celui de Pierre Lottin, faire valoir de Yves et Sandrine Dayan et dont
on ne saura au final pas grand-chose d’autre.
Il reste quelques scènes
particulièrement savoureuses (le vidéoclub, les engueulades entre Louis Garrel
et Camille Cottin, les apparitions de Pierre Lottin), un saut dans le passé que
les moins de quarante ans n’apprécieront pas de la même manière que la
génération des boomers et le pari de réunir des familles entières devant un
grand écran, ce qui est déjà une belle réussite en soi.

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