samedi 7 février 2026

Retour à Silent Hill

Vingt ans après sa première retranscription à l’écran de Silent Hill, qui reste à ce jour l’une des meilleures adaptations d’un jeu vidéo au cinéma, Christophe Gans s’empare de l’univers labyrinthique de Silent Hill 2 pour un film qui prend à contre-pied les attentes d’un public rompu à l’horreur, au gore et aux sensations fortes. Car en dépit d’une campagne marketing mettant en avant ses aspects les plus monstrueux, ce Retour à Silent Hill est avant tout un film sur le deuil et la folie. 
Après avoir perdu la femme de sa vie, James reçoit une lettre de Mary supposée morte, l’enjoignant de la rejoindre dans sa ville natale, Silent Hill, en proie à un mal insidieux qui la plonge dans les ténèbres. Commence alors un périple peuplé de rencontres terrifiantes sur les traces d’un amour passé, un voyage dans les méandres de la folie et de la mort au coté d’un homme incapable d’accepter son deuil et sa culpabilité. 
Féru de jeux vidéo et de cinéma de genre, le réalisateur du Pacte des loups prouve, plus de dix ans après sa dernière réalisation, qu’il reste un cinéaste hors pair capable d’imposer sa patte à des univers aussi différents que singuliers. Aidé dans la concrétisation de ses visions d’horreur par le superviseur des effets spéciaux Patrick Tatopoulos, Christophe Gans invoque les figures attendues par les fans de la saga de Konami, les infirmières zombies et Pyramid Head en tête, tout en innovant avec des créatures réellement dérangeantes comme cette femme araignée du plus bel effet. 
S’il se vit comme un délire psychologique plus proche de David Lynch que d’un film d’horreur mainstream et nous offre de multiples tableaux aussi beaux que tétanisants, ce Retour à Silent Hill accuse néanmoins de trop nombreuses longueurs, quelques répétitions dans la succession des visions horrifiques d’un James de plus en plus engoncé dans sa psyché malade et vingt bonnes minutes en trop, passant d’un voyage au bout de l’enfer à un ennui poli. 
C’est d’autant plus dommage que l’ensemble repose sur un équilibre fragile entre horreur pure et romantisme éthéré et fait preuve d’une maturité dans l’exploration du genre que l’on aimerait voir plus souvent à l’écran.

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