samedi 11 juillet 2026

Evil Dead Burn

Reprendre les rênes d’une saga culte (Evil Dead, Massacre à la tronçonneuse, Halloween ou tant d’autres) comporte l’avantage de travailler en terrain connu avec une base solide de public quasi captif et une trame plus ou moins connue d’avance. Mais les pièges sont tout aussi nombreux : surenchère par rapport aux épisodes précédents, fan service de rigueur, cahier des charges étouffant dans l’œuf toute velléité de création originale. 
C’est donc avec une curiosité teintée d’appréhension que l’on attendait l’expérience américaine du frenchie Sébastien Vaniček qui s’était fait remarqué en fin d’année 2023 avec Vermines, un film d’invasion avec des araignées suffisamment énervées pour retenir toute notre attention. 
Le résultat est sans appel, en dépit d’un scénario assez basique, Evil Dead Burn est une franche réussite à bien des égards. Refusant le pur film de genre sans pour autant lorgner du coté des Elevated horror chers au studio A24, cette nouvelle pierre à l’édifice de la saga créée par Sam Raimi ne se contente pas d’aligner des scènes gores d’ailleurs totalement crédibles.
En suivant les pas d’Alice interprétée par Souheila Yacoub déjà remarquée dans Les femmes au balcon de Noémie Merlant, le réalisateur explore par le biais de l’horreur des traumas bien réels parmi lesquels les violences conjugales et les secrets enfouis d‘une famille dysfonctionnelles. Réussite sur le fond donc pour ce renouveau du genre qui aborde des thèmes d’actualité tout en multipliant des clins d’œil à la saga (la caméra subjective fonçant vers la maison, le prologue aussi impressionnant que gratuit renvoyant à l’opus de Fede Alvarez, la scène post générique en lien direct avec le précédent Evil Dead Rise). 
Mais réussite sur la forme également avec la patte très personnelle d’un Sébastien Vaniček qui n’hésite pas à jouer avec les reflets et la verticalité et dont le sens du cadre a considérablement évolué depuis Vermines. 
Deux séquences majeures du film témoignent de cette maitrise dans la mise en scène, tout d’abord un repas de famille tendu à souhait, où l’alternance des plans fixes et des points de vue créé une atmosphère étouffante qui éclatera inexorablement dans un déluge de violence. S’ensuit une scène d’action avec trois personnages dans l’habitacle exigu d’une voiture, et dont la lisibilité témoigne d’un véritable tour de force en termes de cadrage et de réalisation. 
Mature, d’une violence domestique assez poussée, tant physique que psychologique, inventif et servi par des personnages qui ne se cantonnent pas à la traditionnelle chair à canon des films d’horreur, Evil Dead Burn apporte un vent de fraicheur bienvenu dans un genre en perpétuel renouveau, et valide Sébastien Vaniček comme l’un des réalisateurs les plus intéressants de sa génération.  

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