Peut-on moralement souhaiter la mort
rapide et douloureuse de tout le casting d’un film au bout de dix petites minutes ?
Oui si les personnages écrits à la truelle et interprétés par une distribution
interchangeable se résument à des physiques photoshoppés sans aucune
personnalité et dont les interactions se limitent à des cris hystériques et des
parades amoureuses prépubères.
A la croisée du home invasion, du film d’animal
tueur et du slasher, Primate aurait pu, à la manière de Dangerous Animals un an
auparavant, se révéler être une excellente série B hargneuse et jouissive.
C’est
sans compter une réalisation d’une paresse incroyable qui se limite à filmer
des mises à mort attendues et des scènes gores, la plupart assez réussies il
faut l’avouer, sensées contenter un auditoire de mangeurs de popcorn décérébrés,
tout en cumulant situations convenues et comportements d’une prévisibilité
insultante pour le spectateur.
Déjà coupable d’un certain nombre de suites plus
ou moins nécessaires (Resident Evil, Strangers, 47 Meters Down), Johannes
Roberts continue à capitaliser sur un genre dont il ne maitrise apparemment pas
les codes, le premier étant de ne pas sacrifier ses personnages au seul profit
de quelques séquences chocs.
Prenant le parti de ne pas s’attacher à des protagonistes
sans aucune personnalité, on se contente donc de suivre d’un œil blasé la
partie de cache-cache létale d’un chimpanzé vénère et de fêtards en goguettes
dont la plupart connaitront une mort peu enviable dés qu’ils mettent un pied en
dehors de la piscine, seul lieu sûr de la résidence, et dont le réalisateur
abuse de manière outrancière.
D’une durée ramassée d’une heure trente (ressenti :
deux heures bien tassées), Primate s’offre le luxe d’une violence assez
débridée (même si souvent hors champ) et d’un refus d’image numérique
bienvenue. Ce n’est hélas pas suffisant pour chasser ce sentiment persistant d’être
pris pour un imbécile à qui on sert sa ration réglementaire d’horreur préfabriquée.

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