samedi 9 mai 2026

Obsession

Jusqu’où peut-on aller par amour ? Loin, très loin comme en témoignage la passion inconditionnelle que voue soudainement Nikki à son ami introverti Bear, secrètement amoureux d’elle sans jamais oser lui avouer. 
Sauf que d’amour il est moins question que d’une malédiction provoquée par un objet magique exhaussant tous les vœux, 
[SPOILER] et enfermant Nikki dans un corps qui n’est plus le sien, la privant de son libre arbitre au profit d’une relation mimant la passion amoureuse jusqu’à ses pires extrémités [FIN DU SPOILER]. 
En prenant le parti de raconter son histoire du point de vue de Bear jusqu’au deux tiers du film, le réalisateur Curry Barker dépeint une relation toxique virant au cauchemar le plus sordide en revêtant les atours d’un amour idyllique dont tous les protagonistes finiront par en faire les frais. Et si l’on compatit au chemin de croix de Bear, pourtant responsable de la situation, que dire du calvaire enduré par Nikki une fois que l’on a compris ce qu’elle vit ? 
Point de méchant dans Obsession, mais des personnages au demeurant bien intentionnés pris dans les rouages d’une malédiction que ne renierait pas Stephen King (on pense notamment à La peau sur les os) et qui les conduira aux pires extrémités. 
Au-delà d’un pitch malin mais sommes toute assez classique, la singularité du film réside avant tout dans le regard de Curry Barker instaurant un climat anxiogène crescendo à partir d’éléments du quotidien, une réalisation jouant avec habilité sur le hors champs pour instiller une peur insidieuse et le jeu halluciné d’Inde Navarette qui, dans la peau de la malheureuse Nikki, passe en quelques secondes d’un sourire charmeur à un terrifiant pétage de plomb avec une aisance confondante.
Ponctué de quelques scènes gores du plus bel effet, Obsession se révèle être une solide série B, suffisamment hargneuse et maitrisée pour marquer les esprits.

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