Jusqu’où peut-on aller par amour ?
Loin, très loin comme en témoignage la passion inconditionnelle que voue
soudainement Nikki à son ami introverti Bear, secrètement amoureux d’elle sans jamais
oser lui avouer.
Sauf que d’amour il est moins question que d’une malédiction
provoquée par un objet magique exhaussant tous les vœux,
[SPOILER] et enfermant
Nikki dans un corps qui n’est plus le sien, la privant de son libre arbitre au
profit d’une relation mimant la passion amoureuse jusqu’à ses pires extrémités [FIN
DU SPOILER].
En prenant le parti de raconter son histoire du point de vue de
Bear jusqu’au deux tiers du film, le réalisateur Curry Barker dépeint une
relation toxique virant au cauchemar le plus sordide en revêtant les atours d’un
amour idyllique dont tous les protagonistes finiront par en faire les frais. Et
si l’on compatit au chemin de croix de Bear, pourtant responsable de la
situation, que dire du calvaire enduré par Nikki une fois que l’on a compris ce
qu’elle vit ?
Point de méchant dans Obsession, mais des personnages au
demeurant bien intentionnés pris dans les rouages d’une malédiction que ne
renierait pas Stephen King (on pense notamment à La peau sur les os) et qui les
conduira aux pires extrémités.
Au-delà d’un pitch malin mais sommes toute assez
classique, la singularité du film réside avant tout dans le regard de Curry
Barker instaurant un climat anxiogène crescendo à partir d’éléments du quotidien,
une réalisation jouant avec habilité sur le hors champs pour instiller une peur
insidieuse et le jeu halluciné d’Inde Navarette qui, dans la peau de la
malheureuse Nikki, passe en quelques secondes d’un sourire charmeur à un terrifiant
pétage de plomb avec une aisance confondante.
Ponctué de quelques scènes gores
du plus bel effet, Obsession se révèle être une solide série B, suffisamment hargneuse
et maitrisée pour marquer les esprits.

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